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Le monde dans lequel on pourrait vivre

Nous n’allons pas nous attarder sur le chômage, la précarité, la pauvreté, les inégalités, l’insécurité, la faim dans le monde, la destruction de l’environnement… et un trop long etcetera. Tous ces problèmes créés par le capitalisme, vous les connaissez aussi bien que nous, et l’histoire montre qu’ils ne peuvent être résolus dans le cadre du système actuel. En effet, comment « humaniser » un système, le capitalisme, qui, par définition, ne peut fonctionner que dans l’intérêt des capitalistes ? Peut-on obliger un tigre à brouter du gazon ?!

En revanche, ce que nul ne dit c’est que le socialisme est la seule solution aux problèmes du capitalisme. Utopiste ? Et si on essayait d’y voir un peu plus clair ?

A la fin du 19ème siècle et au début du 20ème, le terme « socialisme » jouissait d’un grand pouvoir de séduction. La plupart des partis préoccupés par la « question sociale », l’amélioration des conditions de vie et de travail des salariés et désireux d’instaurer une société « meilleure », se disaient socialistes ou sociaux-démocrates. Sa popularité était telle qu’il lui valut d’être récupéré, même par ses pires ennemis pur s’attirer les sympathies des victimes du capitalisme : depuis le « socialisme conservateur » de l’aristocrate britannique Disraeli ou le « socialisme d’État » du chancelier prussien Bismarck, au 19eme siècle, jusqu’au «socialisme du 21eme siècle» de l’autocrate vénézuélien Chavez ; en passant par le « socialisme dans un seul pays » du dictateur russe Staline, le « national-socialisme » de son alter ego allemand Hitler, le « socialisme non violent » du nationaliste indien Gandhi, le « socialisme ba’ath » du despote irakien Saddam Hussein, ou le « socialisme aux couleurs de la France » du « communiste » français Marchais, au 20eme siècle … nous en oublions… et des plus gratinés.

De nos jours, les choses ont bien changé. Les horreurs perpétrées dans les pays « socialistes », de même que les compromissions et la corruption de nos gouvernements et partis « socialistes » s’en sont efficacement chargées… la propagande des gouvernements et médias capitalistes et « socialistes » faisant le reste, trop contents, pour les premiers, de nous montrer la « chance » que nous avions de vivre en « démocratie ».

En réalité, le socialisme n’a rien à voir, ni avec les pays ni avec les gouvernements qui se prétendent (ou se prétendaient) socialistes : un régime dans lequel le patron privé a été remplacé par l’Etat-patron n’est pas du socialisme, mais une forme particulière de capitalisme : le capitalisme d’État. Quant à la gestion supposée plus « humaine » du capitalisme, préconisée par le PS, en quoi se différencie-t-elle de celle des gouvernements de droite ? Quels problèmes a-t-elle résolus ? Quelle « humanité » a-t-elle insufflé au capitalisme ?

Alors, qu’est-ce que le socialisme, vous direz-vous ? Bien évidemment, nous ne pouvons pas fournir un plan détaillé préétabli. Outre le fait que le socialisme dépend du stade d’avancement économique et de l’état de la planète dans lesquels le capitalisme nous laissera au moment de l’établissement de la société future, un plan prêt-à-l’emploi serait contraire au caractère démocratique du socialisme. Cependant, par comparaison avec le système actuel, quelques lignes générales peuvent être tracées :

1. Le capitalisme est un système de société mondial basé sur l’appropriation des moyens de production des richesses de la société par une petite minorité possédante — la classe capitaliste —, qui exerce un véritable despotisme dans le domaine économique. Aussi, pour permettre l’administration démocratique des moyens d’existence et l’organisation de la production dans l’intérêt général, le transfert, au niveau mondial lui aussi, de la propriété de ces moyens à la société est un impératif absolu. Débarrassée du carcan de la propriété privée, la société remplacera la démocratie politique limitée, que nous connaissons actuellement, par la démocratie sociale.

2. Le capitalisme est une société divisée en classes sociales opposées : d’un côté, ceux qui, possédant les moyens de production — la classe capitaliste —, s’approprient les richesses produites et n’ont pas besoin de travailler pour vivre ; de l’autre, ceux qui sont exclus de cette possession — la classe salariée — et doivent travailler pour les premiers afin de subvenir à leurs besoins. Le socialisme, lui, sera une société sans classes puisque les relations sociales actuelles, qui découlent de la propriété privée des moyens d’existence de la société, auront disparu avec l’établissement de la propriété sociale.

3. Dans le capitalisme, les biens et les services sont produits dans l’intérêt égoïste de la minorité possédante. Dans le socialisme, ils seront produits pour satisfaire les besoins, individuels et collectifs, de la population.

4. Dans le capitalisme, l’accès aux biens et aux services nécessaires à notre vie quotidienne (nourriture, logement, transports, culture, loisirs, etc.) est limité, rationné, par la quantité d’argent dont nous disposons. Dans le socialisme, l’accès aux richesses produites sera libre et gratuit puisque la suppression de la propriété privée entraînera l’élimination des opérations d’achat-vente, rendant l’argent inutile. En effet, les richesses produites étant devenues la propriété commune de l’humanité, comment et à qui allons-nous acheter des biens ou des services que nous possédons déjà ?

Avec la propriété sociale des moyens d’existence de la société, nous serons en mesure de réaliser un monde dans lequel le système actuel des États rivaux sera supplanté par une communauté mondiale sans frontières, le rationnement de l’argent et du système du salariat par le libre accès aux richesses produites, la concurrence par la coopération et la lutte des classes par l’égalité sociale.