{"id":5770,"date":"2026-06-25T07:09:41","date_gmt":"2026-06-25T06:09:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.worldsocialism.org\/wsm\/?page_id=5770"},"modified":"2026-06-25T07:09:41","modified_gmt":"2026-06-25T06:09:41","slug":"condamnes-au-capitalisme-a-perpetuite","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.worldsocialism.org\/wsm\/condamnes-au-capitalisme-a-perpetuite\/","title":{"rendered":"Condamn\u00e9s au capitalisme \u00e1 perpetuit\u00e9"},"content":{"rendered":"\r\n<h3 class=\"wp-block-heading\">LE CAPITALISME<\/h3>\r\n\r\n\r\n<p> <em>&#8220;El orden de cosas habia cambiado; pero el despotisme, expulsado de los castillos, se habia refiigiado en los mostradores. &#8221; Rapport fait et pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 M. le Pr\u00e9sident du Conseil des Ministres sur les causes g\u00e9n\u00e9rales qui ont amen\u00e9 les \u00e9v\u00e9nements de Lyon,<\/em> par les deux chefs d&#8217;atelier P. Charnier et Bernard. Cit\u00e9 par Edouard Doll\u00e9ans dans <em>Historia del movimiento obrero 1830-1871<\/em>, p. 59.<\/em><\/p> \r\n\r\n<p> La critique du syst\u00e8me capitaliste est \u00e0 la base de la doctrine socialiste ; en ce sens, on peut dire que, d&#8217;une certaine mani\u00e8re, le socialisme est un enfant du capitalisme. L&#8217;un des tout premiers \u00e0 formuler tout un travail de critiques et d&#8217;objections au capitalisme fut l&#8217;\u00e9conomiste suisse Jean Charles L\u00e9onard Sismonde de Sismondi (1773-1842), choqu\u00e9 par les effets de celui-ci sur les conditions de vie d&#8217;une nouvelle cat\u00e9gorie sociale, le &#8220;prol\u00e9tariat&#8221;, c&#8217;est-\u00e0-dire, les &#8220;hommes qui n&#8217;ont aucune propri\u00e9t\u00e9&#8221;. Sismondi, qui n&#8217;\u00e9tait pas socialiste, s&#8217;\u00e9leva contre la doctrine du &#8220;laissez-farre&#8221; pr\u00f4n\u00e9e par Adam Smith et les \u00e9conomiste lib\u00e9raux. Dans sa foul\u00e9e, et souvent inspir\u00e9s par lui, suivront de nombreux autres critiques de la soci\u00e9t\u00e9 naissante, dont un certain Karl Marx.<\/p> \r\n\r\n<p> Aussi, avant d&#8217;aborder notre conception du socialisme, les caract\u00e9ristiques de la soci\u00e9t\u00e9 future, ainsi que les voies et les moyens que nous pr\u00e9conisons pour y parvenir, il nous a paru n\u00e9cessaire de faire le point sur ce que nous entendons par &#8220;capitalisme&#8221;, &#8220;\u00e9conomie de march\u00e9&#8221; ou &#8220;lib\u00e9ralisme \u00e9conomique&#8221; (tous ces termes ou expressions sont \u00e9quivalents).<\/p> \r\n\r\n<p> Nous appelons &#8220;capitalisme&#8221; l&#8217;ordre social actuel, autrement dit, la forme d&#8217;organisation de la soci\u00e9t\u00e9, et de son \u00e9conomie, dans laquelle nous vivons aujourd&#8217;hui. Le capitalisme est n\u00e9 en Angleterre \u00e0 la fin du 18e si\u00e8cle avec la R\u00e9volution industrielle, il a pris la place du f\u00e9odalisme, et s&#8217;\u00e9tend d\u00e9sormais \u00e0 tous les pays du monde. Quand on parle de &#8220;R\u00e9volution industrielle&#8221;, on fait r\u00e9f\u00e9rence au processus d&#8217;industrialisation (remplacement de l&#8217;atelier artisanal par l&#8217;usine, invention de machines toujours plus perfectionn\u00e9es, automatisation de la production) qui a permis d&#8217;augmenter, \u00e0 un rythme et dans des proportions inconnus jusqu&#8217;alors, les possibilit\u00e9s de transformation des ressources naturelles (les mati\u00e8res premi\u00e8res) ainsi que la productivit\u00e9 du travail (la production par travailleur et dans un temps donn\u00e9). Parall\u00e8lement \u00e0 ces changements techniques, la R\u00e9volution industrielle a donn\u00e9 naissance \u00e0 deux nouveaux agents \u00e9conomiques : l&#8217;entrepreneur capitaliste, propri\u00e9taire des moyens de production, et avec la g\u00e9n\u00e9ralisation du syst\u00e8me du salariat, le prol\u00e9taire ou ouvrier salari\u00e9.<\/p> \r\n\r\n<p> Dans la mesure o\u00f9, en d\u00e9veloppant les moyens de production et en favorisant le perfectionnement constant des sciences et des techniques, le capitalisme offre maintenant la possibilit\u00e9 de satisfaire toutes les n\u00e9cessit\u00e9s de l&#8217;humanit\u00e9, ce syst\u00e8me a jou\u00e9 un r\u00f4le historique progressif.<\/p> \r\n\r\n<p> La base du syst\u00e8me capitaliste (en cela, il ne se diff\u00e9rencie pas des syst\u00e8mes \u00e9conomiques qui l&#8217;ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9), c&#8217;est la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e et le contr\u00f4le des moyens de production et de distribution des richesses (qui sont les moyens d&#8217;existence de la soci\u00e9t\u00e9) par une petite minorit\u00e9 de la population, que nous appelons &#8220;classe capitaliste&#8221;.<\/p> \r\n\r\n<p> Dans notre soci\u00e9t\u00e9, la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e des moyens de production a comme cons\u00e9quences :<\/p> \r\n\r\n<p> &#8211;  sur le plan \u00e9conomique (et c&#8217;est l\u00e0, avec le syst\u00e8me du salariat, la grande originalit\u00e9 du capitalisme) : la production g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de marchandises, autrement dit, de biens et de services dont l&#8217;objet est, non la satisfaction des besoins collectifs et individuels des membres de la soci\u00e9t\u00e9, mais la vente sur un march\u00e9 concurrentiel en vue d&#8217;obtenir un profit mon\u00e9taire ;<br \/>\r\n&#8211; sur le plan social : la division de la soci\u00e9t\u00e9 en deux classes sociales principales aux int\u00e9r\u00eats oppos\u00e9s, d&#8217;une part, la classe capitaliste, qui poss\u00e8de et contr\u00f4le les moyens de production, et d&#8217;autre part, la classe salari\u00e9e, propri\u00e9taire de ses seules capacit\u00e9s intellectuelles et physiques (sa force de travail) et oblig\u00e9e de travailler pour la premi\u00e8re en change d&#8217;un salaire. El s&#8217;ensuit de cette division de la soci\u00e9t\u00e9 en deux classes antagoniques, une lutte de classes in\u00e9vitable pour une part plus importante des richesses produites : des salaires plus \u00e9lev\u00e9s pour, les uns, des profits plus importants pour les autres.<\/p> \r\n\r\n\r\n<h3 class=\"wp-block-heading\">PROPRIETE PRIVEE\u2026 <\/h3>\r\n\r\n\r\n<p> <em>&#8220;Les instruments ni les fruits du travail n&#8217;appartiennent pas aux travailleurs, mais aux oisifs. Les branches gourmandes absorbent la s\u00e8ve de l&#8217;arbre, au d\u00e9triment des rameaux fertiles. Les frelons d\u00e9vorent le miel cr\u00e9\u00e9 par les abeilles.&#8221; <\/em> Auguste Blanqui (1805-1881)<em><br \/>\r\n&#8220;Tant que le droit de propri\u00e9t\u00e9 sera le fondement de l&#8217;\u00e9difice social, la classe la plus nombreuse et la plus estimable n&#8217;aura en partage que disette, tourmente et d\u00e9sespoir.&#8221; <\/em> Thomas More (1478-1535)<em><br \/>\r\n&#8220;Partout o\u00f9 existe la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, o\u00f9 toutes les choses se mesurent par l&#8217;argent, on ne pourra faire en sorte que dans l&#8217;Etat r\u00e9gnent la justice et la prosp\u00e9rit\u00e9 sociales.&#8221; <\/em> Thomas More<br \/><em>\r\n&#8220;L&#8217;appropriation priv\u00e9e de la terre est la source des privil\u00e8ges injustes contre lesquels s&#8217;\u00e9l\u00e8ve le socialisme.&#8221; <\/em> George Bernard Shaw (1856-1950)<\/p> \r\n\r\n<p> Dans le syst\u00e8me capitaliste, on l&#8217;a vu, les moyens de production des richesses de la soci\u00e9t\u00e9 <sup>1<\/sup> ne se trouvent pas sous le contr\u00f4le d\u00e9mocratique des membres de la soci\u00e9t\u00e9, mais sont monopolis\u00e9es par une fraction minoritaire de la population : la bourgeoisie ou classe capitaliste. Les d\u00e9cisions relatives \u00e0 la production (chois des produits fabriqu\u00e9s, quantit\u00e9 et qualit\u00e9 des biens et des services produits) ou \u00e0 l&#8217;organisation du travail sont, en cons\u00e9quence, prises, non dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9, mais dans celui de cette minorit\u00e9 poss\u00e9dante, il en r\u00e9sulte que, dans la sph\u00e8re \u00e9conomique, l&#8217;exercice de la d\u00e9mocratie est inexistant puisque la majorit\u00e9 de la population se trouve \u00e9cart\u00e9e des centres de d\u00e9cision sur les sujets les plus importants touchant \u00e0 sa vie quotidienne.<\/p> \r\n\r\n<p> Cette reconnaissance de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e des moyens de production comme base de l&#8217;\u00e9conomie capitaliste, et de ses cons\u00e9quences (choix faits en fonction des int\u00e9r\u00eats sp\u00e9cifiques et exclusifs de cette minorit\u00e9 poss\u00e9dante), est la pierre angulaire de la critique socialiste du capitalisme. Une critique qui fut bien vivante tout au long du 19e si\u00e8cle et jusque vers la R\u00e9volution russe, \u00e9poque o\u00f9 elle fut d\u00e9voy\u00e9e et\/ou oubli\u00e9e par les deux courants pr\u00e9tendument socialistes qui s&#8217;impos\u00e8rent alors :<\/p> \r\n\r\n&#8211;  le l\u00e9ninisme, partisan de la propri\u00e9t\u00e9 \u00e9tatique des moyens d&#8217;existence de la soci\u00e9t\u00e9, autrement dit le capitalisme d&#8217;Etat ;<br \/>\r\n&#8211;  le r\u00e9formisme, favorable \u00e0 une \u00e9conomie capitaliste &#8220;humanis\u00e9e&#8221; et \u00e0 l&#8217;intervention de l&#8217;Etat dans l&#8217;activit\u00e9 \u00e9conomique et la r\u00e9gulation des relations sociales.<\/p> <!-- \/wp:post-content -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->(<sup>1<\/sup>) Les moyens de production et de distribution comprennent :<br \/>\r\n&#8211; la terre, les mines, les carri\u00e8res, les for\u00eats et les oc\u00e9ans, d&#8217;o\u00f9 sont extraites les mati\u00e8res premi\u00e8res,<br \/>\r\n&#8211; les usines, les fermes, et leurs machines, o\u00f9 sont trait\u00e9es et transform\u00e9es ces mati\u00e8res premi\u00e8res,<br \/>\r\n&#8211;  les moyens de transport : soci\u00e9t\u00e9s de transports routiers, ferroviaires, maritimes et a\u00e9riens (sauf lorsqu&#8217;ils ne sont pas jug\u00e9s rentable, auquel cas ils sont laiss\u00e9s \u00e0 la charge de l&#8217;Etat qui les g\u00e8re au profit de la classe capitaliste),<br \/>\r\n&#8211; les centres de distribution (supermarch\u00e9s, hypermarch\u00e9s, grands magasins, entrep\u00f4ts, etc.),<br \/>\r\n&#8211; les autres entreprises de services,<br \/>\r\n&#8211; les moyens de communication (journaux, radios, t\u00e9l\u00e9visions&#8230;)<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<!-- wp:heading {\"level\":3} -->\r\n<h3> &#8230; ET CONTROLE DES MOYENS DE PRODUCTION <\/h3>\r\n<!-- \/wp:heading -->\r\n\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Si les entreprises appartenant \u00e0 un seul individu, \u00e0 une famille ou \u00e0 un petit nombre d&#8217;associ\u00e9s \u00e9taient, \u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle, de loin les plus nombreuses, leur d\u00e9veloppement et, donc, la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;investissements toujours plus importants, entra\u00een\u00e8rent le recours \u00e0 des capitaux ext\u00e9rieurs, l&#8217;apparition des soci\u00e9t\u00e9s par actions et, progressivement, la concentration industrielle (fusions, cartels, holdings, etc.).<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->En raison des dimensions atteintes par les entreprises actuelles et la complexit\u00e9 croissante des op\u00e9rations li\u00e9es \u00e0 la production, les propri\u00e9taires de ces entreprises en vinrent \u00e0 d\u00e9l\u00e9guer une grande partie de leur pouvoir de d\u00e9cision dans L\u2019administration de leurs soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 des salari\u00e9s hautement qualifi\u00e9s (les Directeurs, Directeurs G\u00e9n\u00e9raux, etc.) qui g\u00e8rent les entreprises \u00e0 la place et dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat des actionnaires.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Si, traditionnellement, le pouvoir \u00e9conomique a impliqu\u00e9 une relation \u00e9troite entre capacit\u00e9 de d\u00e9cision et propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, l&#8217;influence croissante de cette couche de d\u00e9cideurs salari\u00e9s a entra\u00een\u00e9 une relative d\u00e9connection entre pouvoir de d\u00e9cision et propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Cependant, la d\u00e9l\u00e9gation des pouvoirs dont sont investis ces cadres sup\u00e9rieurs ne les transforme pas en capitalistes, ces salari\u00e9s &#8220;privil\u00e9gi\u00e9s&#8221; \u00e9tant, \u00e0 l&#8217;image des entra\u00eeneurs de football, toujours sous la menace d&#8217;un licenciement par le directoire ou le conseil d&#8217;administration.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Ainsi, cette d\u00e9l\u00e9gation, si elle multiplie les centres de d\u00e9cision et diffuse le pouvoir de d\u00e9cision vers des individus qui ne sont pas propi\u00e9taires des entreprises qu&#8217;ils administrent, ne remet pas en cause l&#8217;institution l\u00e9gale de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, qui reste toujours le fondement de l&#8217;organisation \u00e9conomique de notre soci\u00e9t\u00e9.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<!-- wp:heading {\"level\":3} -->\r\n<h3>LA PROPRIETE PRIVEE, INSTRUMENT DE DOMINATION SOCIALE<\/h3>\r\n<!-- \/wp:heading -->\r\n\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->L&#8217;appropriation priv\u00e9e des moyens d&#8217;existence de la soci\u00e9t\u00e9 par la classe capitaliste et, par cons\u00e9quent, le contr\u00f4le que cette classe exerce sur l&#8217;\u00e9conomie, lui conf\u00e8rent une influence d\u00e9terminante dans les choix concernant tous les domaines de la vie \u00e9conomique, politique, l\u00e9gislative et sociale et, bien entendu, dans la d\u00e9fense de ses int\u00e9r\u00eats et privil\u00e8ges.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Ce pouvoir exorbitant, et disproportionn\u00e9 eu \u00e9gard \u00e0 sa faible importance num\u00e9rique, s&#8217;explique par le fait que cette minorit\u00e9 contr\u00f4le directement (m\u00e9dias, entreprises) ou indirectement (\u00e0 travers diverses institutions : Etat, \u00e9ducation, religion) la presque totalit\u00e9 des canaux de transmission et de diffusion des id\u00e9es. Ces diff\u00e9rents moyens de propagande (dont ce n&#8217;est pas forc\u00e9ment la fonction exclusive) permettent \u00e0 la classe capitaliste de mener une offensive permanente par la diffusion d&#8217;une id\u00e9ologie qui lui est propre et qui la favorise : l&#8217;id\u00e9ologie, ou culture, dominante.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->L&#8217;id\u00e9ologie dominante, c&#8217;est l&#8217;ensemble des id\u00e9es, normes, concepts, valeurs ou principes qui appartiennent exclusivement \u00e0 la classe dominante, mais que celle-ci diffuse dans la soci\u00e9t\u00e9, \u00e0 travers les canaux d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9s, en vue de leur conf\u00e9rer un caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9ral et consensuel, autrement dit, en vue de leur acceptation par les membres de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->L&#8217;id\u00e9ologie dominante a pour objectif de l\u00e9gitimer le syst\u00e8me capitaliste, qui est un ordre social bas\u00e9 sur la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, afin de justifier et de renforcer le pouvoir et le contr\u00f4le que la minorit\u00e9 poss\u00e9dante exerce sur l&#8217;ensemble de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Pour atteindre cet objectif, l&#8217;id\u00e9ologie dominante a pour fonction de conditionner l&#8217;ensemble de la population en vue d&#8217;obtenir son adh\u00e9sion \u00e0 des id\u00e9es qui lui sont \u00e9trang\u00e8res, mais qu&#8217;elle doit consid\u00e9rer comme siennes. Ce conditionnement social vise \u00e0 favoriser la r\u00e9signation et la soumission et, en particulier, l&#8217;acceptation, par les salari\u00e9s, de leur situation de d\u00e9pendance et de subordination aux int\u00e9r\u00eats de la classe capitaliste, consid\u00e9r\u00e9s comme les int\u00e9r\u00eats &#8220;nationaux&#8221;. Les membres de la soci\u00e9t\u00e9 doivent en venir \u00e0 \u00eatre persuad\u00e9s que la soci\u00e9t\u00e9 actuelle est &#8220;naturelle&#8221;, &#8220;\u00e9temelle&#8221; et &#8220;immuable&#8221;, &#8220;la seule forme d&#8217;organisation possible&#8221; dont la remise en cause ne saurait relever que d&#8217;une &#8220;utopie&#8221; irr\u00e9alisable.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<!-- wp:heading {\"level\":3} -->\r\n<h3>L\u2019ARGENT<\/h3>\r\n<!-- \/wp:heading -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph --><b>\r\n1. L&#8217;argent, moyen d&#8217;\u00e9change<\/b><br \/>\r\n\r\nL&#8217;appropriation priv\u00e9e des moyens de production et de distribution par une petite minorit\u00e9 de la population exclue l&#8217;immense majorit\u00e9 du libre acc\u00e8s aux biens et aux services produits, n\u00e9cessaires \u00e0 leur vie quotidienne et \u00e0 la satisfaction de leurs besoins. Aussi, pour avoir acc\u00e8s \u00e0 ces biens et ces services, y compris les plus \u00e9l\u00e9mentaires (nourriture, v\u00eatements, logement, transports, etc.), les gens doivent les acheter \u00e0 leur propri\u00e9taire, c&#8217;est-\u00e0-dire \u00e9changer de l&#8217;argent contre le bien ou le service dont ils ont besoin. Ceux qui produisent les richesses de la soci\u00e9t\u00e9 (les salari\u00e9s) doivent donc d\u00e9penser l&#8217;argent qu&#8217;ils ont obtenu en \u00e9change de leur travail (leurs salaires) pour acheter les richesses qu&#8217;ils ont eux-m\u00eames produites (les n\u00e9cessit\u00e9s de l&#8217;existence) \u00e0 ceux qui les poss\u00e8dent mais ne les produisent pas.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->L&#8217;argent (ou plus exactement, les moyens de paiement : pi\u00e8ces de monnaie, billets de banque, ch\u00e8ques bancaires, cartes de cr\u00e9dit, etc.) est donc indissociable de la propn\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e : l&#8217;existence de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e conditionne celle de l&#8217;argent. La n\u00e9cessit\u00e9 de l&#8217;argent comme moyen d&#8217;\u00e9change (c-\u00e0-d. comme interm\u00e9diaire entre l&#8217;acheteur et le vendeur) est due uniquement au fait que les biens et les services produits sont appropn\u00e9s par quelques-uns. En effet, les capitalistes (patrons, actionnaires), et ceux qu&#8217;ils utilisent pour g\u00e9rer les entreprises \u00e0 leur place, ont besoin d&#8217;une unit\u00e9 de mesure commune, d&#8217;un \u00e9quivalent universel, d&#8217;une unit\u00e9 de co\u00fbt g\u00e9n\u00e9rale, pour calculer, et comparer, le co\u00fbt de revient des biens et des services produits et, partant, d\u00e9terminer leur prix de vente, et donc, bien s\u00fbr, le b\u00e9n\u00e9fice r\u00e9alis\u00e9.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph --><b>2. Un syst\u00e8me inefficace<\/b><br \/>\r\n\r\nD&#8217;apr\u00e8s les \u00e9conomistes professionnels qui d\u00e9fendent l&#8217;argent, celui-ci est un instrument simple et utile qui facilite de la fa\u00e7on la plus efficace possible la production et l&#8217;\u00e9change des biens et des services, en donnant aux gens un choix plus large de choses \u00e0 consommer.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Il y a un \u00e9l\u00e9ment de v\u00e9rit\u00e9 dans cette argumentation. L&#8217;argent est certainement meilleur que le troc. Sans pi\u00e8ces de monnaie et, de nos jours, comptes, ch\u00e8ques bancaires et cartes de cr\u00e9dit, les \u00e9changes aux niveaux actuels seraient impossibles, et, pour les salari\u00e9s, ce syst\u00e8me est pr\u00e9f\u00e9rable au paiement en nature, puisque cela signifie que ce sont eux, et non leur employeur ou l&#8217;Etat, qui d\u00e9cident ce qu&#8217;ils consomment.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Mais l&#8217;existence de l&#8217;argent cr\u00e9e une p\u00e9nurie artificielle car le montant des achats est limit\u00e9 par la quantit\u00e9 d&#8217;argent que poss\u00e8de le consommateur : celui-ci n&#8217;ach\u00e8te pas en fonction de ses besoins, mais en fonction de ses revenus. Le manque d&#8217;argent appara\u00eet ainsi comme un obstacle \u00e0 l&#8217;acquisition des biens m\u00eame les plus indispensables.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph --><b> 3. Un syst\u00e8me gaspilleur<\/b><br \/>\r\n\r\nLe syst\u00e8me mon\u00e9taire requiert une main-d&#8217;oeuvre importante et co\u00fbteuse pour assurer son fonctionnement, depuis ceux qui sont impliqu\u00e9s dans la production et le contr\u00f4le de la monnaie, des tickets de transport, des factures, etc., en passant par ceux qui sont concern\u00e9s par d\u00e9pistage et la r\u00e9pression de la fraude financi\u00e8re et fiscale (l&#8217;immense majorit\u00e9 de tous les crimes), jusqu&#8217;\u00e0 ceux dont le travail consiste \u00e0 encaisser, payer, compter, surveiller l&#8217;argent. Tout ceci gaspille des ressources et influe n\u00e9gativement sur la production. &#8220;<em>La monnaie n&#8217;est pas le catalyseur essentiel du d\u00e9veloppement et du progr\u00e8s ou de la cr\u00e9ation de la richesse, il les suit ou les entrave. Il est leur obstacle gaspilleur et inefficace.<\/em>&#8221; (Melvin Chapman, <em>The Universal Impediment, Third Millenium<\/em>).<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph --><b> 4. Un syst\u00e8me corrupteur<\/b><br \/>\r\n\r\nMais l&#8217;argent n&#8217;est pas seulement cela, il est aussi un syst\u00e8me socialement destructeur car il corrompt toute relation dans laquelle il intervient.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Voir l&#8217;article \u2018The Curse ofMoney\u2019, <em>The Socialist Standard<\/em>, mars 1998.<!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph --><b>5. Un syst\u00e8me sans argent<\/b><br \/>\r\n\r\nTous ces inconv\u00e9nients inh\u00e9rents \u00e0 l&#8217;existence du syst\u00e8me mon\u00e9taire signifinet qu&#8217;il ne peut y avoir aucune avanc\u00e9e sociale fondamentale aussi longtemps que nous le maintiendrons.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Le but des socialistes n&#8217;est pas simplement d&#8217;abolir l&#8217;argent en tant que tel. La tentative effectu\u00e9e en ce sens par le dictateur cambodgien Pol Pot dans son pays s&#8217;est av\u00e9r\u00e9e un d\u00e9sastre pour l&#8217;\u00e9conomie du Cambodge puisqu&#8217;elle s&#8217;est faite dans le cadre du capitalisme.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Ce que les socialistes pr\u00e9conisent, c&#8217;est un changement dans la forme de propri\u00e9t\u00e9 des moyens d&#8217;existence de la soci\u00e9t\u00e9 : le remplacement de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e par la propri\u00e9t\u00e9 commune &#8211; ou sociale (et non, \u00e9tatique) et leur contr\u00f4le d\u00e9mocratique.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->L&#8217;existence de l&#8217;argent et celle du Socialisme sont incompatibles puisque, nous l&#8217;avons dit, l&#8217;argent implique la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e et, donc, l&#8217;\u00e9change, alors qu&#8217;avec l&#8217;av\u00e8nement de la propri\u00e9t\u00e9 commune, les biens ne seront plus produits pour \u00eatre vendus (comment peut-on acheter ce qui nous appartient d\u00e9j\u00e0 ?) mais pour \u00eatre distribu\u00e9s ou, plut\u00f4t, pour \u00eatre mis \u00e0 disposition des consommateurs qui se serviront en fonction de leurs besoins. Ils n&#8217;auront plus besoin d&#8217;argent et, par cons\u00e9quent, plus besoin non plus de banques, de compagnies d&#8217;assurances, de fonds de pension ou de toute autre institution financi\u00e8re.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->&#8220;<em>&#8230; le remplacement des complexit\u00e9s du syst\u00e8me mon\u00e9raire par la simple manipulation des quantit\u00e9s, l&#8217;adaptation de la production et de la distribution aux besoins environnementaux et humains, et la libre disponibilit\u00e9 de l&#8217;information, non d\u00e9form\u00e9e par la publicit\u00e9, les possibilit\u00e9s seraient sans limites.<\/em>&#8221; (Melvin Chapman, <em>The Universal Impediment, Third Millenium<\/em>).<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Comme tous les concepts nouveaux ou inhabituels, il nous est difficile d&#8217;imaginer une organisation de la soci\u00e9t\u00e9 sans argent, et elle nous para\u00eet donc impossible. C&#8217;est pourquoi, l&#8217;id\u00e9e d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9barras\u00e9e de l&#8217;argent et des banques nous laisse incr\u00e9dules, sceptiques ou perplexes. Mais nous ignorons, \u00e0 nos d\u00e9pens et \u00e0 notre p\u00e9ril, les implications de notre refus \u00e0 la r\u00e9aliser. Comme nous ne sommes pas capables de visualiser comment quelque chose peut \u00eatre fait, nous avons tendance \u00e0 assumer que c&#8217;est impossible \u00e0 ex\u00e9cuter et, par cons\u00e9quent, qu&#8217;il est inutile d&#8217;essayer. Mais le capitalisme lui-m\u00eame n&#8217;a pas toujours exist\u00e9, et ce que nous cr\u00e9ons, nous pouvons aussi l&#8217;\u00e9liminer.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->L&#8217;argent est consid\u00e9r\u00e9 ajuste titre comme le lubrifiant qui permet au capitalisme d&#8217;avancer ; mais il n&#8217;est pas la condition indispensable du bon fonctionnement de toute soci\u00e9t\u00e9, qui est la d\u00e9termination des n\u00e9cessit\u00e9s de la vie (besoin de se nourrir, de s&#8217;habiller, de se loger, de se d\u00e9placer, de se cultiver, de se distraire, etc.) la recherche de leur satisfaction. A l&#8217;oppos\u00e9 des partisans du capitalisme d&#8217;Etat et de ceux qui proposent la nationalisation du syst\u00e8me financier, les socialistes pr\u00e9conisent l&#8217;\u00e9tablissement d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 qui produira des biens et des services destin\u00e9s, non pas \u00e0 \u00eatre \u00e9chang\u00e9s contre l&#8217;argent, mais simplement pour l&#8217;usage de toute la communaut\u00e9.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<!-- wp:heading {\"level\":3} --><h3> LA PRODUCTION POUR LE PROFIT <\/h3>\r\n<!-- \/wp:heading -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph --><em>&#8220;En vano se har\u00e2 crecer el trigo para los que tienen hambre o se fabricar\u00e2n vestidos para los que andan desnudos, si no est\u00e2n en condiciones de pagar.&#8221; <\/em>Sismonde de Sismondi (1773-1842).<br \/><em>\r\n&#8220;\u00d4tez la propri\u00e9t\u00e9, l&#8217;aveugle et impitoyable int\u00e9r\u00eat qui l&#8217;accompagne, faites tomber tous les pr\u00e9jug\u00e9s, les erreurs qui les soutiennent, il n&#8217;y a plus de r\u00e9sistance offensive, plus d&#8217;actions f\u00e9roces, plus de notions, plus d&#8217;id\u00e9es de mal moral.<\/em>&#8221; Morelly ( &#8211; ), <em>Code de la Nature<\/em>, 1755. <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph --><b>1. La production pour le profit d&#8217;une minorit\u00e9<\/b><br \/>\r\n\r\nNous l&#8217;avons d\u00e9j\u00e0 dit, l&#8217;appropriation des moyens d&#8217;existence de la soci\u00e9t\u00e9 par une petite minorit\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9e a une cons\u00e9quence directe capitale : la production des biens et des services n\u00e9cessaires au fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9 est organis\u00e9e, non dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat de la population, mais au b\u00e9n\u00e9fice de cette seule minorit\u00e9 poss\u00e9dante. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, les biens et les services sont produits, non pour satisfaire les besoins, tant individuels que collectifs, de l&#8217;humanit\u00e9, mais dans le but d&#8217;\u00eatre vendus sur un march\u00e9 concurrentiel en vue d&#8217;en retirer un profit financier destin\u00e9 \u00e0 cette minorit\u00e9.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->La production des richesses pour le profit, autrement dit, la production g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de marchandises, est une caract\u00e9ristique originale du capitalisme. En cela, ce syst\u00e8me diff\u00e8re des soci\u00e9t\u00e9s qui l&#8217;ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, puisque sous celles-ci, une partie importante de la production servait \u00e0 satisfaire les besoins imm\u00e9diats des producteurs -paysans et artisans-.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Le profit, r\u00e9alis\u00e9 lors de la vente, et r\u00e9investi dans l&#8217;entreprise, est une condition de son d\u00e9veloppement et, donc, de profits ult\u00e9rieurs, n\u00e9cessaires \u00e0 l&#8217;accumulation du capital.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph --><b> 2. Cons\u00e9quences et limites de la production pour le profit <\/b><br \/>\r\n\r\n\r\nConsid\u00e9r\u00e9 par les partisans du capitalisme comme un stimulant \u00e0 la production, le profit a en effet permis un d\u00e9veloppement de la technologie et des forces de production sans \u00e9quivalent dans l&#8217;Histoire de l&#8217;Humanit\u00e9. Il a \u00e9galement incit\u00e9 les capitalistes \u00e0 conqu\u00e9rir le monde au point que l&#8217;argent et les consid\u00e9rations commerciales ont envahi litt\u00e9ralement tous les domaines de l&#8217;activit\u00e9 humaine. M\u00eame la religion, pour laquelle un &#8220;master degree in church management&#8221; a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Lincoln, en Angleterre, n&#8217;\u00e9chappe pas \u00e0 la r\u00e8gle. Pour Raymond Rodger, assistant de l&#8217;\u00e9v\u00eaque de Lincoln, et l&#8217;un des cr\u00e9ateurs du dipl\u00f4me : &#8220;<em>C&#8217;est notre travail d&#8217;extraire le meilleur qu&#8217;ont \u00e0 offrir les entreprises qui marchent et l&#8217;utiliser dans notre contexte&#8230; Ce que nous avons \u00e0 offrir c&#8217;est la gloire de Dieu, et nous devons fournir le meilleur service possible \u00e0 nos clients en termes de valeur ajout\u00e9e&#8230;<\/em>&#8221; (<em>The Times<\/em>, 13 avril 1998). <\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Cependant, le capitalisme &#8211; le syst\u00e8me du profit &#8211; a atteint ses limites. Aujourd&#8217;hui, ce ne sont plus des causes naturelles ou l&#8217;incapacit\u00e9 de l&#8217;humanit\u00e9 \u00e0 ma\u00eetriser la nature qui am\u00e8nent la mort, la pauvret\u00e9, le stress et l&#8217;ins\u00e9curit\u00e9, sans parler des autres maux de la vie moderne, mais la fa\u00e7on dont la soci\u00e9t\u00e9 est organis\u00e9e. Car, si ce syst\u00e8me, qui est infiniment plus productif et dynamique que ne l&#8217;\u00e9tait le f\u00e9odalisme, par exemple, a permis aux sciences et aux techniques d&#8217;effectuer d&#8217;incomparables progr\u00e8s, il n&#8217;est pas le meilleur distribution possible. En effet, certaines anomalies proviennent de la nature m\u00eame du syst\u00e8me, de son incapacit\u00e9 \u00e0 utiliser pleinement les forces productives qu&#8217;il a lui-m\u00eame cr\u00e9\u00e9es, incapacit\u00e9 provenant de l&#8217;impossibilit\u00e9 de r\u00e9soudre la contradiction qui existe entre l&#8217;\u00e9norme potentiel actuel de production des richesses et le mode de distribution de ces richesses r\u00e9duit \u00e0 la &#8220;demande effective&#8221; du &#8220;march\u00e9&#8221; (c&#8217;est-\u00e0-dire aux seuls &#8220;consommateurs&#8221; ayant les moyens de se procurer un bien ou un service), et ce sans tenir compte des besoins r\u00e9els de la population.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Ce que le profit signifie dans la pratique, c&#8217;est que toute d\u00e9cision concernant la production d&#8217;un bien ou d&#8217;un service quelconque est prise, apr\u00e8s \u00e9tude de march\u00e9, en fonction du seul crit\u00e8re de rentabilit\u00e9. Cette \u00e9tude de march\u00e9 n&#8217;a pas pour but de d\u00e9terminer ce dont les clients potentiels ont besoin mais ce qu&#8217;ils peuvent payer, ce qui n&#8217;est pas du tout la m\u00eame chose. Les biens et les services sont produits dans la seule perspective du profit et seuls ceux-l\u00e0. Si un produit, m\u00eame le gadget le plus inutile, est susceptible de rapporter des b\u00e9n\u00e9fices, il sera fabriqu\u00e9 ; ce qui ne sera pas le cas si un bien ou service, m\u00eame utiles \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, sont jug\u00e9s non rentables. Ainsi, sous le syst\u00e8me capitaliste, les profits passeront toujours avant toute autre consid\u00e9ration, y compris avant la fourniture de biens et de services essentiels au bon fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9, tels que les transports collectifs, souvent laiss\u00e9s \u00e0 la charge de l&#8217;Etat car consid\u00e9r\u00e9s comme insuffisamment rentables, la construction de logements sociaux, l&#8217;am\u00e9lioration des conditions de travail ou la protection de l&#8217;environnement.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Le probl\u00e8me, c&#8217;est que quand des b\u00e9n\u00e9fices sont r\u00e9alis\u00e9s dans un secteur de l&#8217;\u00e9conomie, ils attirent d&#8217;autres investissements qui entra\u00eenent une augmentation de la production, une concurrence accrue dans ce secteur pour une meilleure part du march\u00e9. Il arrive alors un moment o\u00f9 les capacit\u00e9s productives du secteur en question d\u00e9passent les possiblit\u00e9s d&#8217;absorption du march\u00e9 correspondant. A ce moment-l\u00e0, \u00e9clate une crise de sur-production. La chute des prix qui en d\u00e9coule entra\u00eene une baisse des b\u00e9n\u00e9fices et, donc, des retraits de capitaux qui vont s&#8217;investir ailleurs, des licenciements, la banqueroute des entreprises les plus fragiles ou leur absorption par les plus fortes, et m\u00eame, si n\u00e9cessaire, l&#8217;arr\u00eat de la production.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Pour s&#8217;en convaincre, il suffit d&#8217;examiner les exemples de la nourriture et du logement : <p> <!-- \/wp:paragraph --><p> <!-- wp:paragraph -->\r\n\r\n&#8211; en effet, il n&#8217;est nul besoin d&#8217;\u00eatre socialiste pour constater que, tous les ans, des tonnes de nourritures sont d\u00e9truites et des milliers d&#8217;hectares de terres cultivables mis en jach\u00e8re pour cause de &#8220;surproduction&#8221; (!) alors que des millions de personnes (parmi lesquelles une proportion importante d&#8217;enfants) meurent de faim chaque ann\u00e9e ;<br \/>\r\n&#8211; il n&#8217;est pas non plus besoin d&#8217;\u00eatre \u00e9conomiste pour savoir qu&#8217;il y a &#8220;p\u00e9nurie&#8221; de logements pour tant de SDF qui dorment dans la rue ou dans le m\u00e9tro et les milliers de familles qui vivent dans des logements trop petits ou insalubres, alors que des milliers d&#8217;appartements restent vides et que les mat\u00e9riaux, les machines et la main-d&#8217;oeuvre n\u00e9cessaires \u00e0 la construction de logements sont inutilis\u00e9s ou au ch\u00f4mage.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Les entreprises existent pour faire du profit, pas pour loger les sans-abris, nourrir les cr\u00e8ve-la-farm ou donner du travail aux ch\u00f4meurs. C&#8217;est la seule perspective du profit qui les pousse \u00e0 produire, et c&#8217;est \u00e0 cette seule condition qu&#8217;elles investissent. Et si elles perdent de l&#8217;argent ou n&#8217;en gagnent pas assez, ou si elles estiment pouvoir en gagner davantage dans un autre secteur de l&#8217;\u00e9conomie ou dans un pays \u00e0 la l\u00e9gislation sociale plus &#8220;accueillante&#8221; et aux salaires plus bas, elles n&#8217;h\u00e9siteront pas \u00e0 licencier des salari\u00e9s, \u00e0 fermer des usines ou des bureaux et \u00e0 les &#8220;d\u00e9localiser&#8221; ou \u00e0 investir dans un secteur plus prometteur. Tout ceci, pour dramatique que ce soit pour des millions de salari\u00e9s et leurs familles, fait partie de la routine de la vie \u00e9conomique capitaliste.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->&#8220;<em>Pas de profit, pas de production<\/em>&#8220;, voil\u00e0 la loi fondamentale de l&#8217;\u00e9conomie capitaliste, et la raison pour laquelle nos besoins ne peuvent \u00eatre convenablement satisfaits dans le cadre de ce syst\u00e8me. On le voit, nos probl\u00e8mes ne sont ni naturels ni in\u00e9vitables mais des probl\u00e8mes de soci\u00e9t\u00e9, inh\u00e9rents au capitalisme, et que ce syst\u00e8me de par sa nature m\u00eame pr\u00e9sente des obstacles insurmontables \u00e0 leur solution.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph --><b>3. Libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9, fraternit\u00e9&#8230; march\u00e9 ?<\/b><br \/>\r\n\r\n\r\nUn march\u00e9, nous l&#8217;avons vu, correspond \u00e0 la &#8220;demande effective&#8221;, \u00e0 l&#8217;ensemble des consommateurs qui ont les moyens d&#8217;acqu\u00e9rir un bien ou un service d\u00e9termin\u00e9s. A partir de cette d\u00e9finition, on comprendra facilement que le march\u00e9 des yachts de plaisance et celui du pain de 400 grammes ne signifient pas la m\u00eame chose. Le premier s&#8217;adresse \u00e0 une couche privil\u00e9gi\u00e9e de la population, ceux qui ont l&#8217;argent, ou auxquels les banques accepteront d&#8217;accorder un cr\u00e9dit, n\u00e9cessaire \u00e0 l&#8217;achat d&#8217;un bien luxueux et superflu ; le second concerne une denr\u00e9e alimentaire de base et s&#8217;adresse \u00e0 toute la population.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->La premi\u00e8re constatation qui s&#8217;impose, c&#8217;est que le march\u00e9, loin d&#8217;\u00eatre d\u00e9mocratique, est le reflet des in\u00e9galit\u00e9s qui d\u00e9chirent notre soci\u00e9t\u00e9 : combien d&#8217;entre nous sont susceptibles d&#8217;\u00eatre inclus dans le march\u00e9 des diamants, ceux des hors-bords ou des Rolls Royce ? C&#8217;est une lapalissade de dire que plus nos revenus sont faibles et moins nous avons acc\u00e8s aux march\u00e9s : &#8220;<em>La justice sociale et le march\u00e9 sont des p\u00f4les oppos\u00e9s sans points de rencontre, de sorte que, ou nous \u00e9liminons le mod\u00e8le n\u00e9olib\u00e9ral ou nous n&#8217;\u00e9liminerons jamais la pauvret\u00e9. Peu importent les paroles, les discours, les termes pompeux ni les euph\u00e9mismes utilis\u00e9s pour d\u00e9crire le mod\u00e8le \u00e9conomique actuel ; celui-ci est toujours identique \u00e0 celui impos\u00e9 par la dictature [de Pinochet, N. du T.] : il concentre la richesse et socialise la pauvret\u00e9&#8230; le n\u00e9olib\u00e9ralisme est injuste et inhumain en uniforme ou en cravate.<\/em>&#8221; (Mauricio Buendia, <em>La extra\u00f1a guerra contra la pobreza<\/em>, Punto Final, ao\u00fbt 1996, p. 12).<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Telle n&#8217;est pas la position des partisans du capitalisme pour qui le march\u00e9 est le meilleur mode de distribution possible des richesses, et synonyme de libert\u00e9. Libert\u00e9 pour les consommateurs tout d&#8217;abord, ce qui est partiellement vrai puisqu&#8217;il permet aux clients potentiels (dans la limite de leurs revenus !) l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 une infinit\u00e9 de biens et de services et l&#8217;exercice d&#8217;une certaine (mais tr\u00e8s relative) libert\u00e9 de d\u00e9cision. Libert\u00e9 \u00e9galement vis-\u00e0-vis de l&#8217;Etat, dont les capitalistes souhaitent, du moins dans leurs d\u00e9clarations officielles, s&#8217;affranchir. Souhait, par ailleurs, constamment contredit par la r\u00e9alit\u00e9&#8230;<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Car l&#8217;Etat intervient dans l&#8217;\u00e9conomie pour les motifs et les op\u00e9rations les plus divers, mais, curieusement, toujours en faveur de ceux qui se pr\u00e9tendent ses ennemis : masse de lois, conventions et trait\u00e9s bilat\u00e9raux ou multilat\u00e9raux r\u00e9glementant la &#8220;libre&#8221; circulation des capitaux (au fait, qui les d\u00e9tient ?) et des marchandises (l\u00e0 aussi, qui les poss\u00e8de ?) et qui cachent une autre r\u00e9alit\u00e9, la d\u00e9fense d&#8217;int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques \u00e9loign\u00e9s (et contraires) \u00e0 ceux de la masse de la population ; infinit\u00e9 d&#8217;achats \u00e9tatiques, toujours on\u00e9reux, dans des secteurs tels que ceux de l&#8217;armement (dont on conna\u00eet l&#8217;utilit\u00e9 pour la soci\u00e9t\u00e9) ou l&#8217;a\u00e9ronautique, pour lesquels le recours au seul &#8220;libre march\u00e9&#8221; signifierait la condamnation \u00e0 mort (et la ruine des actionnaires) ; subventions \u00e9tatiques, toujours g\u00e9n\u00e9reuses, aux secteurs les plus divers, depuis l&#8217;agriculture \u00e0 l&#8217;industrie d&#8217;armement (encore ? mais qui nous d\u00e9fendra des capitalistes ?), en passant par l&#8217;automobile, la sid\u00e9rurgie et bien d &#8216;autres&#8230; pour ne citer que les &#8220;entorses&#8221; les plus communes \u00e0 la th\u00e9orie du &#8220;libre \u00e9change&#8221;<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Pour couronner le tout, comment ne pas observer le silence pudique des partisans du &#8220;libre march\u00e9&#8221; sur l&#8217;absence (ou la faible pr\u00e9sence) de ce dernier dans des domaines (aussi inutiles et dispendieux) tels que que la protection sociale et les transports en commun, silence \u00e0 peine interrompu par quelque fonctionnaire international distrait : &#8220;<em>Les march\u00e9s ne peuvent op\u00e9rer dans le vide, ils requi\u00e8rent un cadre l\u00e9gal et r\u00e9gulateur que seuls les gouvernements peuvent adopter, et pour beaucoup d&#8217;autres t\u00e2ches, les march\u00e9s sont parfois inad\u00e9quats ou simplement un \u00e9chec. Pour cela, les gouvernements doivent, par exemple, construire des infrastructures et fournir des services essentiels aux pauvres&#8230;<\/em>&#8221; (<em>Rapport 1991<\/em>, Banque Mondiale).<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Notons que le silence de la plupart des partisans du &#8220;libre march\u00e9&#8221; sur son &#8220;inad\u00e9quation&#8221; sociale ne les emp\u00eache pas de sortir de leur torpeur lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de condamner les &#8220;charges&#8221; sociales et fiscales toujours trop lourdes pour les entreprises et d&#8217;applaudir l&#8217;intervention de l&#8217;Etat lorsque celui-ci consent des r\u00e9ductions, abattements, etc. sur ces m\u00eames &#8220;charges&#8221; en vue de favoriser la &#8220;comp\u00e9titivit\u00e9&#8221; des entreprises (et l&#8217;augmentation des profits ?) ainsi que la &#8220;cr\u00e9ation&#8221; d&#8217;emplois (mais pourquoi le ch\u00f4mage augmente-t-il ?).<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph --><b> 4. Les crises de &#8220;surproduction&#8221; <\/b><br \/>\r\n\r\n\r\nLa p\u00e9riode d&#8217;expansion \u00e9conomique qui suivit la 2nde Guerre mondiale favorisa la diffusion quasi-g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, en tout cas dans les pays industriels, d&#8217;\u00e9quipements autrefois r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 une minorit\u00e9 ais\u00e9e (r\u00e9frig\u00e9rateurs, machines \u00e0 laver, t\u00e9l\u00e9viseurs, etc.), l&#8217;acc\u00e8s au logement \u00e0 de nombreuses familles, la cr\u00e9ation de syst\u00e8mes de protection sociale (le fameux Etat-Providence aujourd&#8217;hui remis en cause) et, par l\u00e0, une augmentation r\u00e9elle de la qualit\u00e9 et du niveau de vie.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->Ces ann\u00e9es d&#8217;apr\u00e8s-guerre, qu&#8217;on qualifia \u00e0 tort de &#8220;Trente Glorieuses&#8221; (si l&#8217;on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l&#8217;action, d\u00e8s 1954, de l&#8217;abb\u00e9 Pierre en faveur des sans-logis, les mouvements de m\u00e9contentement qui \u00e9clat\u00e8rent un peu partout en Europe en 1968, etc.), cr\u00e9\u00e8rent l&#8217;illusion que les guerres et les crises \u00e9conomiques n&#8217;\u00e9taient plus que de douloureux souvenirs d&#8217;un pass\u00e9 r\u00e9volu.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->La crise p\u00e9troli\u00e8re du d\u00e9but des ann\u00e9es 70, si elle ne d\u00e9clencha pas une prise de conscience du caract\u00e8re chaotique du capitalisme, rappela que les crises, loin d&#8217;\u00eatre des vestiges du pass\u00e9, sont un ph\u00e9nom\u00e8ne cyclique, inh\u00e9rent au syst\u00e8me capitaliste. Tout le XIXe si\u00e8cle et le d\u00e9but du XXe ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9s par une succession ininterrompue de crises d&#8217;importance et de dur\u00e9e diverses : 1818-1819, 1825, 1836, 1845-1847, 1857, 1866, 1873, 1883, 1890, 1893-1895, 1900, 1907, 1913. La crise de 1929 va signifier une rupture par rapport \u00e0 ces cnses localis\u00e9es, limit\u00e9es \u00e0 un pays ou \u00e0 un petit groupe de pays, en ce qu&#8217;elle va \u00eatre la premi\u00e8re crise d&#8217;ampleur mondiale ; cette crise va souligner l&#8217;interd\u00e9pendance croissante des \u00e9conomies nationales (la tendance \u00e0 la &#8220;globalisation&#8221; ou \u00e0 la &#8220;mondialisation&#8221; de l&#8217;\u00e9conomie). Cette interd\u00e9pendance, en m\u00eame temps qu&#8217;elle aggrave les effets de chaque crise, donne \u00e0 celles-ci l&#8217;occasion de se propager plus rapidement. Le crash boursier de Wall Street, en octobre 1929, tout comme les crises financi\u00e8res qui suivront, ne fut pas, comme on a tendance \u00e0 le croire, le d\u00e9tonateur, mais le reflet de la mauvaise situation \u00e9conomique. Comme le montra l&#8217;\u00e9conomiste John Kenneth Galbraith, dans son livre <em>Le grand crash<\/em>8, les sp\u00e9culateurs prirent conscience de l&#8217;\u00e9tat de surproduction dans lequel se trouvait l&#8217;\u00e9conomie r\u00e9elle et tent\u00e8rent de vendre leurs actions pour r\u00e9cup\u00e9rer leur mise, provoquant ainsi le crash boursier ; la crise \u00e9conomique qui suivit fut le r\u00e9sultat, non de cette crise financi\u00e8re, qui eut ind\u00e9niablement un effet multiplicateur, mais de la situation de surproduction de l&#8217;\u00e9conomie. D&#8217;autres cnses mondiales suivront, celles de 1974-1975 (la crise p\u00e9troli\u00e8re d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9e), 1980-1982, 1990-1993 et 1998 (la crise &#8220;asiatique&#8221; qui, en r\u00e9alit\u00e9, frappera durement la Russie et l&#8217;Am\u00e9rique latine). Cette derni\u00e8re crise, \u00e0 l&#8217;instar de celle de 1929, fut la cons\u00e9quence de l&#8217;\u00e9tat de surcapacit\u00e9 et de surproduction qui affecte des secteurs cl\u00e9s de l&#8217;industrie : l&#8217;\u00e9lectronique, l&#8217;informatique, l&#8217;automobile, l&#8217;industrie pharmaceutique, la construction navale, etc.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->A la diff\u00e9rence des crises qui \u00e9clat\u00e8rent jusqu&#8217;au milieu du XIXe si\u00e8cle, et qui \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement des crises de subsistance, provoqu\u00e9es par de mauvaises r\u00e9coltes dues aux conditions athmosph\u00e9nques d\u00e9favorables, les crises actuelles sont des crises de &#8220;surproduction&#8221;, c&#8217;est-\u00e0-dire des crises dues, non au fait que tous nos besoins sont satisfaits, mais \u00e0 une production qui d\u00e9passe la demande du march\u00e9 : les consommateurs, ceux en tout cas qui ont les moyens de payer, ne peuvent plus absorber les produits ou les services propos\u00e9s par les entreprises.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->La crise (la fermeture d&#8217;usines, la faillite d&#8217;entreprises, la ruine de capitalistes -sp\u00e9culateurs ou patrons-, le licenciement de salari\u00e9s, etc.) est le point final de toute p\u00e9riode d&#8217;expansion, et celle-ci ne peut \u00eatre perp\u00e9tuelle car elle d\u00e9pend de l&#8217;investissement&#8230; que les sp\u00e9culateurs n&#8217;orientent que vers les entreprises ou les secteurs susceptibles de leur rapporter des int\u00e9r\u00eats. L&#8217;afflux des capitaux dans un secteur en plein boom permet l&#8217;achat de machines plus performantes ; mais comme toutes les entreprises concurrentes, dans leur lutte pour une meilleur part de march\u00e9 (une plus grosse part du g\u00e2teau) font de m\u00eame, il arrive un moment o\u00f9 les capacit\u00e9s productives du secteur consid\u00e9r\u00e9 d\u00e9passent la demande du march\u00e9, il y a \u00e0 ce moment-l\u00e0 &#8220;surproduction&#8221;, la demande \u00e9tant inf\u00e9rieure \u00e0 l&#8217;offre, on assiste \u00e0 une chute des pnx et, donc, des b\u00e9n\u00e9fices, qui entra\u00eene une diminution de la production, rendue moins attractive.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n<p> <!-- wp:paragraph -->La raison de vivre du capitalisme \u00e9tant le profit, ce sont les variations du taux de profit qui d\u00e9terminent le niveau de l&#8217;activit\u00e9 \u00e9conomique : les crises sont la cons\u00e9quence d&#8217;une baisse du taux de profit, et la seule fa\u00e7on de sortir d&#8217;une crise est d&#8217;augmenter ce dernier (aux d\u00e9pens des salari\u00e9s) pour permettre une reprise de l&#8217;investissement. Ainsi, in\u00e9vitablement, et tant que durera le capitalisme, \u00e0 chaque p\u00e9riode de croissance succ\u00e9dera, l&#8217;histoire du syst\u00e8me capitaliste le montre, une p\u00e9riode de crise&#8230; et chaque crise pr\u00e9parera les conditions de la p\u00e9node de croissance suivante&#8230; avec la diff\u00e9rence, cependant, que les effets des crises sur les conditions de vie et de travail des salari\u00e9s et de leurs familles sont d\u00e9plus en plus d\u00e9vastateurs.<\/p> <!-- \/wp:paragraph -->\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n\r\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LE CAPITALISME &#8220;El orden de cosas habia cambiado; pero el despotisme, expulsado de los castillos, se habia refiigiado en los mostradores. &#8221; Rapport fait et pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 M. le Pr\u00e9sident du Conseil des Ministres sur les causes g\u00e9n\u00e9rales qui ont amen\u00e9 les \u00e9v\u00e9nements de Lyon, par les deux chefs d&#8217;atelier P. Charnier et Bernard. 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