Un monde meilleur, est-ce possible ?
Comme si chômage, précarité, pauvreté, inégalités, insécurité, pénurie
de logements, etc. ne suffisaient pas, patronat et politiciens n’ont de
cesse de mener de nouvelles attaques contre les acquis sociaux si
durement conquis par les générations antérieures de travailleurs (recul
de l’âge de la retraite, déremboursement de médicaments, franchises
médicales, remise en cause du repos dominical et des 35 heures, etc.).Si, paraît-il, il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’État et de la sécu pour maintenir nos acquis sociaux, « nos » élus en trouvent toujours pour accorder des cadeaux au patronat et aux riches (« bouclier » fiscal, exonérations, allègements et abattements fiscaux et sociaux de tous ordres pour soi-disant relancer l’activité économique et favoriser l’embauche de certaines catégories de travailleurs – jeunes, chômeurs de longue durée –, …).
Face à cette situation, que faire ? Changer de dirigeants… pour que rien ne change ? En effet, en dépit de l’infinité de gouvernements de toutes tendances qui se sont succédés en France et ailleurs au cours du 20ème siècle, pas un des problèmes auxquels était confrontée l’humanité il y a plus de cent ans n’a été résolu… et d’autres sont venus se greffer : pollution des mers et des rivières, réchauffement du climat, désertification…
Qu’on l’appelle « économie de marché », « libéralisme économique », ou qu’on emploie tout autre euphémisme, le système social sous lequel nous vivons est le capitalisme. Sous celui-ci, les moyens de production et de distribution des richesses sociales – les moyens d’existence de la société – sont la propriété exclusive d’une minorité parasite dominante – les détenteurs de capitaux ou classe capitaliste – au profit exclusif de laquelle ils sont inévitablement gérés (par des salariés !).
Tenter de réformer le capitalisme (un système qui, par définition, ne peut fonctionner que dans l’intérêt des capitalistes), tous les partis dits « socialistes » (le P.S. français, le P.S.O.E. espagnol, le S.P.D. allemand, etc.) s’y sont essayés, et tous s’y sont cassés les dents. Pire. Tous ces partis, nés il y a plus d’un siècle, se fixaient à l’origine un double objectif : d’une part, l’instauration « graduelle » du socialisme, d’autre part, l’introduction « immédiate » de réformes en faveur des travailleurs qui, il est vrai, en avaient bien besoin. Pour quel résultat ? Non seulement le socialisme a disparu de leur horizon, mais en plus les réformes qui ont été introduites ne cessent d’être la cible du patronat et de tous les gouvernements.
Ainsi, avant le 2nd tour des élections présidentielles 2007, le MEDEF, organisation caritative bien connue, avait annoncé qu’il ne donnerait pas de consignes de vote en faveur des deux candidats restants, ces derniers « étant favorables à l’économie de marché », c-à-d. pour appeler les choses par le nom, au capitalisme. Une façon comme une autre d’affirmer qu’entre la droite et la gauche, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.
De son côté, la gauche « antilibérale » critique ce système mais propose des réformes (« taxer les riches », « pollueur payeur », « réquisitionner les entreprises », « interdire les licenciements dans les entreprises qui font des profits », « redistribuer les richesses », etc.) qui permettent, intentionnellement ou non, de le perpétuer. En effet, tenter d’aménager le capitalisme en faveur des salariés, d’en adoucir les effets, en un mot, de l’« humaniser », c’est demander à un tigre de brouter du gazon.
Nous ne mettons pas en doute la sincérité de la majorité des militants de cette gauche radicale, mais nous mettons sérieusement en doute l’efficacité de leurs propositions : aucun aménagement, aucune mesure, aucune réforme, n’ont pu (et ne le pourront d’ailleurs jamais) subordonner la propriété privée et le profit capitalistes à l’intérêt général et, donc, changer quoi que ce soit à la soumission de la majorité salariée aux intérêts égoïstes de la minorité possédante.
Voilà pourquoi, instruits des erreurs passées, et soucieux de ne pas les reproduire, le MOUVEMENT SOCIALISTE MONDIAL propose, comme seule solution réaliste et immédiate, l’instauration de la propriété sociale (d’où le nom de socialisme) des moyens d’existence de la société, de manière à en assurer la gestion par (et, donc, dans l’intérêt de) la collectivité.
En effet, nous ne le répéterons jamais assez, le socialisme n’a jamais été établi nulle part. Dans les pays dirigés par des gouvernements soi-disant « socialistes », l’économie obéit aux mêmes lois que dans les pays gouvernés par des partisans déclarés du capitalisme. Quant aux pays dits « socialistes », une bureaucratie tyrannique y contrôle (ou y contrôlait, comme dans le cas de l’URSS et de ses pays satellites) l’économie nationale grâce à sa mainmise sur le pouvoir d’État. Aucun de ces « socialismes »-là, pas plus le capitalisme privé des « socialistes » occidentaux, que le capitalisme d’État de la Chine et autres pays « socialistes », n’ont quoi que ce soit à voir avec le socialisme tel que nous l’entendons. Ainsi, loin d’ « humaniser » le capitalisme, c’est le capitalisme qui a déshumanisé les partis « socialistes » et « communistes ».
La société actuelle nous démontre tous les jours que, face à l’incapacité chronique de tous les gouvernements de tous bords, ce vieux projet du socialisme est toujours d’actualité. Après tout, qui osera prétendre que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles, ou que le but de la société actuelle est le bien-être de tous ses membres ? Qui rêve de léguer à ses enfants un monde où règnent l’inégalité, la précarité, la violence, le chômage ou, pour ceux qui ont la « chance » d’avoir un emploi, la menace permanente de se retrouver sans travail ? Qui encore peut ignorer les millions de victimes annuelles de la famine et des guerres, faisant, d’ailleurs, du capitalisme le plus criminel des régimes ?
Parce que nous sommes nés sous le système capitaliste et que nous n’avons rien connu d’autre, nous avons tendance à penser qu’il est « naturel » et « immuable ». N’est-ce pas ce que pensaient du féodalisme ou du tsarisme les serfs du Moyen Age ou les sujets du Tzar ? Le capitalisme a à peine 300 ans d’existence et, comme le féodalisme, il a été établi par l’action des hommes. Pourquoi, à l’instar du système féodal, ne pourrait-il pas être remplacé par l’action d’autres hommes ? Pour quelle raison le capitalisme devrait-il être plus « éternel » que ne le furent les systèmes sociaux qui le précédèrent ?
Seule la menace d’un mouvement socialiste se fixant comme seul but l’instauration de la propriété sociale de nos moyens d’existence poussera les capitalistes, par crainte de perdre tout, à nous accorder des réformes.
Et seule la propriété sociale nous mettra en mesure de réaliser un monde dans lequel le système actuel des États rivaux sera remplacé par une communauté mondiale sans frontières, le rationnement de l’argent et du système du salariat par le libre accès aux richesses produites, la concurrence par la coopération et l’antagonisme des classes par l’égalité sociale.
C’est donc en vue de la construction d’un tel mouvement que nous lançons un appel à tous les salariés conscients de l’impossibilité de réformer le capitalisme en leur faveur et de l’incompatibilité de leurs intérêts avec ceux des capitalistes ; à tous ceux qui, préoccupés par les attaques dont nous sommes tous victimes et par la gravité de la situation actuelle, désirent y mettre un terme. Oui, un monde meilleur , c’est possible.